Qu’est-ce que l’Aïd el-Kébir ?

La religion Musulmane compte plusieurs fêtes aux significations précises. Célébrées à travers le monde, celles-ci suivent généralement des traditions bien particulières. Nous vous présentons ici l’Aïd el-Kébir, également appelée “fête du sacrifice” ou “Aïd el-Adha”. Si celle-ci ne constitue pas l’un des cinq piliers de l’islam, elle demeure toutefois une célébration importante pour les musulmans.

Que signifie “Aïd el-Kébir” ?

De façon à vous présenter au mieux la fête de l’Aïd el-Kébir, nous allons commencer par étudier le terme en lui-même. L’Aïd el-Kébir, à ne pas confondre avec l’Aïd el-Fitr célébrant la fin du jeûne du ramadan, signifie littéralement la grande fête. Toutefois, celle-ci est également retrouvée sous d’autres appellations, tout aussi évocatrices. Nous retrouvons notamment l’Aïd el-Adha, signifiant la fête du sacrifice, en rappel à la tradition qu’implique cette célébration. Par ailleurs, l’Aïd el-Kébir peut être évoquée sous le nom “Tabaski”, un terme correspondant à la fin du hadj, le pèlerinage à islamique.

À quelle date se déroule l’Aïd el-Kébir ?

L’Aïd el-Kébir fait partie des célébrations ne proposant pas une date précise, fixe d’une année sur l’autre. Cependant, celle-ci se déroule tout de même selon un calendrier spécifique, permettant alors une commémoration commune aux musulmans du monde entier. En effet, l’Aïd el-Kébir est une fête célébrée à compter du dixième jour du dernier mois de l’année lunaire (dhou al hijja). La fête de l’Aïd el-Kébir a lieu sur trois jours et débute le lendemain du pèlerinage vers le mont Arafat, se trouvant non loin de La Mecque.

De manière logique, d’une année sur l’autre, la date de la fête du sacrifice varie. En règle générale, celle-ci se décale d’environ 11 jours chaque année, en raison du calendrier sur lequel celle-ci se base. En effet, cette célébration dépend du calendrier de l’hégire, ne comportant que 354 jours, une différence de onze jours avec le calendrier actuel.

repas famille aid
L’Aïd c’est surtout le moment de partager un repas et un moment en famille.

Comment se commémore le sacrifice d’Abraham ?

L’Aïd el-Kébir est une commémoration que nous retrouvons dans différents livres religieux, et notamment le Coran et l’Ancien Testament, bien que cet épisode ne soit pas écrit exactement de la même manière. Dans le Coran, il est cité que Dieu demanda à Abraham de faire un sacrifice, celui de son fils Ismael, afin de reconnaître sa foi. Alors qu’Abraham s’apprêtait à prendre la vie de son enfant avec un couteau, l’ange Jibril intervint. Il remplaça alors l’enfant par un bélier, se traduisant aujourd’hui alors par un sacrifice animal ; événement central de la commémoration de l’Aïd el-Kébir.

Aujourd’hui, la fête de l’Aïd el-Kébir se déroule de la façon suivante. Les fidèles portent une tenue travaillée et soignée afin de se rendre sur leur lieu de prière. Une fois l’office terminé, se tient alors le sacrifice d’un animal, le plus souvent un mouton. Il peut toutefois s’agir d’une vache ou encore d’une chèvre. La viande issue de l’animal sera partagée en trois portions différentes : une destinée à la famille, une pour les amis et une pour les plus pauvres. Fête de générosité, l’Aïd el-Kébir permet alors aux plus démunis de se voir offrir de la viande, y compris lorsqu’ils n’ont pas les moyens d’exécuter le sacrifice eux-mêmes.

La commémoration de l’Aïd el-Kébir en France

Comme mentionné précédemment, l’Aïd el-Kébir est une fête célébrée par les musulmans du monde entier. En France, une telle tradition est encadrée par un guide pratique, publié par les ministères de l’Intérieur et de l’agriculture. En effet, si à l’origine l’animal était sacrifié par le chef de famille, cette pratique est aujourd’hui autorisée uniquement dans les abattoirs, dans un souci d’hygiène et de morale. Il est à noter que, ces commémorations entrainant l’abattage de près 100 000 moutons en France chaque année, des abattoirs temporaires sont également installés au sein du pays.

Y a-t-il des substitutions possibles au sacrifice d’Abraham ?

Bien que le sacrifice animal réalisé dans le cadre de l’Aïd ed-Kébir n’appartienne pas aux cinq piliers de l’islam, il demeure une tradition bien implantée chez les musulmans. Obligatoire pour certains, possible pour d’autres, il est à noter que ce sacrifice implique un coût pouvant avoisiner les 250 euros. Ainsi, d’autres alternatives ont été proposées, tel que l’achat d’un mouton sacrifié dans une boucherie halal. Parfois, le sacrifice est remplacé par un don aux plus démunis.